Face A

Language is easy but talking is not

mercredi 9 février 2005

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C'était je crois en avril, j'en suis sûr même. Depuis quelques semaines, je suivais irrégulièrement le blog d'une collègue traductrice, et cette idée me semblait formidable. Il m'avait fallu un peu de temps avant d'en comprendre le principe, mais l'idée de tenir un journal avait à nouveau germé en moi. J'en avais tenu pendant de longues années sur papier, parallèlement à mes différents projets d'écriture, avant de m'en éloigner par manque de temps, d'intérêt et pour ainsi dire par manque d'intimité.En ce mois d'avril, je recherchai... [Lire la suite]
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mercredi 9 février 2005

-21-

Les années firent leur travail. J'avais fini par entrer dans une routine qui m'était devenue presque indifférente. J'avais passé six mois en Allemagne pour mon premier emploi. Le contrat arrivé à expiration, on m'avait proposé un poste à durée indéterminée, ce que j'avais refusé pour pouvoir revenir habiter avec François dans cette nouvelle maison qui était désormais la nôtre. Et les deux années suivantes étaient passées elles aussi, j'avais fini par me mettre à mon compte pour pouvoir travailler de chez nous en toute tranquillité.... [Lire la suite]
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mercredi 9 février 2005

-20-

Nous avions donc décidé de venir passer quatre jours dans la région, afin de trouver un local commercial pour François, et qui fasse également office de logement. C'était la première fois que nous partions en vacances ensemble. Alain nous hébergeait chez lui. Je découvris un coin de France que je ne connaissais absolument pas, et dont je croyais d'ailleurs avant de connaître François qu'il se trouvait dans le centre de la France. Le premier local se trouvait à N. Surmonté d'une petite maison minuscule et en piteux état, il offrait un... [Lire la suite]
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mercredi 9 février 2005

-19-

Je restai quelques jours à Montpellier, ayant proposé de m'occuper de tous les papiers relatifs à la succession pour épargner des allers-retours aux autres membres de la famille, éparpillés entre Nantes et la Suisse. Comme je m'en doutais, le notaire fit un état des comptes qui se révéla amplement négatif. Mon père était criblé de dettes suite à une succession de batailles administratives jamais résolues, et il s'était toujours refusé à payer ces sommes imposantes tant que rien ne serait clairement réglé. J'avais souvent vu les... [Lire la suite]
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mardi 8 février 2005

-18-

Je dormis à la clinique, sur un petit lit de camp monté à côté de celui de mon père.Les deux semaines suivantes se passèrent ainsi. Nous nous relayions avec mon frère, mon oncle, ma tante et Mireille pour passer une nuit sur place. Pendant cinq ou six jours, mon père resta encore éveillé quelques heures dans la journée, et il parvenait alors à nous parler. Nous évoquions sa prochaine sortie, lui aussi faisait semblant d'y croire mais je le connaissais assez pour savoir qu'il n'était pas dupe. Les médecins avaient renoncé à tout... [Lire la suite]
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mardi 8 février 2005

-17-

Je repris les cours à Toulouse début janvier en me préparant à tout moment à devoir repartir. J'appelais mon père tous les soirs et sentais à sa voix qu'il faiblissait encore de jour en jour. Un soir, j'allai au cinéma pour essayer de me changer un peu les idées. Mireille m'appela sur mon portable alors que je sortais de la salle pour me dire ce que je savais déjà : la fin était vraiment proche. J'appelai François, qui arriva chez moi une heure plus tard, le temps pour lui de faire la route. Il dormit avec moi et avait prévu de me... [Lire la suite]
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mardi 8 février 2005

-16-

François me reprocha des mois plus tard de ne pas l'avoir invité à venir avec moi, de ne pas l'avoir présenté à mon père. Ce fut l'unique occasion qu'il avait eue de le connaître et il m'en voulut terriblement de devoir repartir ainsi, bien plus seul que moi. Je ne sus que lui répondre et lui avouai que l'idée ne m'avait même pas effleuré l'esprit.Je trouvai mon père au lit. J'allai lui dire bonjour et il se leva pour nous rejoindre au salon. La discussion tourna principalement autour de sa santé et de mes études. Je bus quelques... [Lire la suite]
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mardi 8 février 2005

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Des centaines de lectures, des milliers de films. Je n'avais jamais vécu cette rupture, cette fêlure que je trouvais chez les autres. Cette faille dans une vie qui fait que tout change. Je comprends aujourd'hui qu'il suffit de mettre des mots dessus pour lui donner un nom, pour se rendre compte de sa réalité et la voir exister dans sa propre vie. Elle n'est pas soudaine, elle résulte de l'accumulation de faits, anodins ou marquants, d'une évolution plus ou moins visible et consciente d'un état à un autre. Ou alors non, elle n'existe... [Lire la suite]
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mardi 8 février 2005

-14-

J'appelai François le lendemain, comme tous les jours. Il me semblait extrêmement distant, et j'en éprouvai une certaine douleur. Je le sentais s'éloigner de moi, tenter de me montrer qu'il était indifférent au fait que je sois parti. Il m'annonça comme si de rien n'était qu'il comptait vendre son commerce pour partir s'installer dans le Nord et qu'un acheteur potentiel était venu le jour même. Mon sang ne fit qu'un tour.« Moi qui viens de décider de ne pas partir à Paris pour pouvoir rester avec toi...- Je ne te l'ai pas demandé.... [Lire la suite]
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lundi 7 février 2005

-13-

Beaucoup de choses devaient changer pour moi dans un avenir proche. En effet, les semaines précédentes avaient été consacrées à ces concours que j'étais censé préparer depuis quelques mois. J'avais donc effectué deux séjours à Paris pour les concours d'admission à l'ESIT, ainsi que le concours d'admission au DESS proposé par l'Université du Mirail de Toulouse. A ma grande surprise, je fus admis aux deux. Il me fallut donc choisir entre un nouveau cursus de trois ans dans une prestigieuse école parisienne et une année de formation à... [Lire la suite]
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