Face A

Language is easy but talking is not

dimanche 11 octobre 2020

Tout est devenu plus facile.

Il suffisait de quoi, d’un peu de détachement

Posté à 21:57 - Commentaires [0] - Permalien [#]

dimanche 29 décembre 2019

AnNa est partie hier. Elle souffrait d’arthrose depuis longtemps, et début décembre son état de santé a soudainement périclité.
Un traitement de morphine lui a permis de supporter la douleur encore quelques semaines, avec des hauts et des bas, mais ses muscles s’atrophiaient à vue d’œil.
Elle s’est battue courageusement jusqu’à vendredi, faisant l’effort de se lever régulièrement et de sortir dans la cour.

Puis vendredi soir, alors qu’elle marchait tant bien que mal vers le fond de la cour, elle a senti que ses pattes ne la porteraient plus, alors elle a rendu les armes.
Elle s’est laissée tomber, est restée allongée de tout son long, les yeux dans le vide, avec de gros soupirs. Si je ne l’avais pas portée dans la maison, elle serait restée là à se laisser mourir ainsi.
Je l’ai donc couchée au chaud, mais son absence de toute réaction, son regard absent, son renoncement évident, son indifférence à tout... même le long trajet en voiture ne l’a pas fait broncher, même la table froide de la clinique vétérinaire, même l’aiguille, même mes caresses et mes incontrôlables torrents de larmes. Elle avait compris qu’il était déjà grand temps de partir.
Adieu ma nénette.

Posté à 17:20 - Commentaires [0] - Permalien [#]

lundi 1 avril 2019

Est-ce alors ainsi, que tout se répète ?

Chaque fois une histoire différente, chaque fois la même histoire pourtant. 

Toujours ce raz-de-marée qui finit par se retirer, emportant chaque fois un peu plus de moi. Que va-t-il rester à la fin ?

Une porte ouverte, puis brutalement refermée la bouffée d’air frais à peine respirée, me laissant le souffle coupé dans les sanglots.
Une autre porte qui s’entrouvre, lentement celle-là. Das agacements et des attendrissements sans cesse recommencés.

J’ai tressailli parfois, lorsque les questions que l’on me posait étaient de celles que je redoutais. Puis j’ai calmement décidé d’y répondre. Comme pour poser les pierres. De poser mon sac. De poser des mots. Sans plus tricher.

C’est donc ainsi, que tout se répète. Seulement, chaque fois avec un peu plus d’insistance.

Cela finira par.

 

 

Posté à 18:50 - Commentaires [0] - Permalien [#]

mardi 5 février 2019

Tout à coup penser à mon père et me dire qu’il me manque. Je l’aurais appelé ou je serais peut-être passé le voir s’il habitait à proximité. Comme à notre habitude, nous n’aurions pas eu grand chose à nous dire, mais aujourd’hui le manque de sa présence se fait tout à coup mordant et me noue brièvement la gorge.

 

 

Posté à 18:23 - Commentaires [0] - Permalien [#]

mercredi 9 janvier 2019

Elle aura donc duré quatre pleines années, cette histoire. Quatre ans et quelques dizaines de milliers d’euros. Novembre commençant, j’ai disparu.

Le voir ne me fait plus rien. Certains de ses nombreux messages, certes, ont pu me pincer un peu le cœur. Mais je m’en suis guéri. 

Oh non, je ne suis pas plus fort ni plus sage. L’usure a simplement fait son travail.

Je tourne le regard vers la droite et la même fenêtre, le même décor, dans le même bureau, le même fauteuil. Voir ce même soleil fatigué que celui que j’ai vu tous ces hivers innombrables.

J’ai tissé d’autres liens, d’autres toiles. J’ai changé physiquement. Beaucoup. Énormément, même. 

J’ai d’abord perdu beaucoup de poids, puis pris pas mal de muscle. Je me suis ensuite rasé le crâne et arbore désormais une fière moustache. Beaucoup ont cru que j’avais été malade. C’était tout le contraire.

Évidemment, au fond de moi je suis toujours le même enfant timoré. L’indécis, le réservé, le maladroit. Tout est différent, mais rien n’a changé.

 

 

Posté à 15:37 - Commentaires [0] - Permalien [#]

lundi 16 mars 2015

 

C’est une drôle de nouvelle routine qui s’est installée depuis la fin de l’année. 

Non, ma relation à distance avec K. n’est pas finie. Voilà déjà près de six mois depuis cette nuit de fin septembre où tout a basculé.

C’est un long chemin que j’ai parcouru depuis, que nous avons parcouru ensemble. Difficile à mettre en mots, mais les quelque deux mois qui se sont écoulés entre la mi-décembre et la mi-février ont peut-être marqué le paroxysme de notre complicité et de l’intensité de nos partages. De longs, très longs moments d’échanges et de rires, de confidences et de sensualité qui m’ont porté vers des émotions inconnues jusque-là.

Sa joie à lui, sa volonté de me faire plaisir mais surtout l’espèce de joie presque enfantine qu’il manifestait dans ses relations avec moi ont certainement été le plus beau de ces semaines intenses. Ses petits cadeaux, ses attentions à mon égard, les longues heures qu’il m’a consacrées et la façon dont il s’est ouvert à moi peu à peu dans une joie lumineuse. La période des fêtes et les semaines qui ont suivi n’ont été qu’un long crescendo dans cette découverte mutuelle et dans la confiance qui nous lie. 

Ces dernières semaines, les choses semblent se tasser quelque peu. Je ne sais que trop à quoi attribuer cette altération : ma possessivité, ma jalousie, ma soif d’exclusivité. Ma présence parfois trop pesante. Peut-être n’est-ce pas un mal.

Il est question d’une rencontre dans deux ou trois mois, une journée à Paris. Je ne sais si elle aura effectivement lieu mais je le souhaite ardemment. Non, pas dans l’espoir ou l’illusion d’une relation qui deviendrait physiquement possible, j’ai dépassé ce stade. Mais simplement le voir, passer avec lui une belle journée qui scellerait peut-être la fin de notre histoire, ou le début d’une nouvelle, dépassionnée et plus sereine. Comme je le lui disais il y a quelques jours encore, je le vois désormais à la fois comme un frère, un ami et un amant. Et je compte sur lui autant qu’il compte sur moi.

 

Posté à 15:28 - Commentaires [1] - Permalien [#]

lundi 22 décembre 2014

Les émotions et les sentiments qui m’habitent et me submergent depuis trois mois maintenant sont d’une infinie complexité. Sans cesse changeants, d’une minute à l’autre, ils me terrassent et me portent tour à tour, constamment entre légèreté et abattement. C’est une superposition de multiples plaisirs, de multiples douleurs, de multiples manques, et surtout un mélange effrayant de lucidité absolue sur ce que je suis en train de vivre, et de laisser-aller total dans la perte complète et progressive de tout sens commun. Je m’enfonce sciemment, capable à la fois de porter un regard détaché sur ce qui s’avère être une expérience passionnante de plongée dans les abîmes, et de me laisser emporter contre toute raison. C’est peut-être cela le plus terrible : avoir ce regard lucide et détaché sur ce que je sais être une course vers le néant et la perte, être à la fois acteur involontaire et spectateur éclairé.

Tout est biaisé depuis le départ dans cette relation qui, sur le papier, énoncée et résumée en quelques mots, semblerait tellement incongrue que je l’aurais moi-même moquée. J’y puise pourtant des moments de joie authentiques et intenses, suivis peu après de rage rentrée et désenchantée. J’y joue le rôle le plus navrant qui soit, et en tire pourtant quelque satisfaction parfois, arrivant à me convaincre que ce n’est qu’une expérience humaine et que ma lucidité m’empêchera de sombrer entièrement.

J’y découvre et j’y comprends des émotions et des situations que, il y a encore trois mois, j’aurais jugées inimaginables ; l’une des plus étranges étant cette sorte de satisfaction frustrée et de trouble excitation que procure le fait d’une liaison tarifée. À la limite, je dirais que cet aspect-là est désormais devenu un détail maintenant. Ces paiements laissés à mon entière discrétion, aussi bien en termes de fréquence que de montants, ont pu me donner l'illusion pendant quelques semaines de pouvoir posséder l'objet de mon désir, de le louer pour ainsi dire, presque de l'acheter parfois. Je dis bien illusion évidemment, n'étant dupe de rien là non plus. La trouble excitation initiale que me procurait cet aspect a cédé lentement la place à une sorte de course en avant, qui m'a vu devenir peu à peu une sorte de… parrain, de mentor ou de mécène, soucieux qu'il ne manque de rien. Il s'est évidemment plié de bonne grâce à ce jeu et continue de donner le change. Je sens toutefois poindre à juste titre une sorte d'agacement ou de lassitude face à ce vieux bienfaiteur lointain pétri de doutes et de sentiments complexes à son égard.

Car lui, tout en jeunesse insouciante et libre, tout en fougue et en légèreté, mû à la fois par l'appât du gain et par l'appel de son insatiable appétit de sexe, ne peut et ne veut évidemment pas se résoudre à négliger ses autres clients. C'est ainsi que, la douleur au ventre, j'assiste impuissant aux sourires qu'il leur octroie, avant de disparaître pour quelques instants d'intimité certainement identiques à ceux qu'il m'offre régulièrement.

Et c'est bien là, pathétiquement et uniquement là que tout se joue pour moi. Ni dans l'argent, ni dans d'éventuels doutes quant à la place de cette relation dans ma vie de couple, ni ailleurs. Tout se joue pour moi dans cette angoisse terrifiante de le voir m'échapper constamment, si toutefois il m'avait un jour appartenu. Tout se joue dans l'aberration inouïe de ce chemin de plaisir et de douleur dont je sais pertinemment qu'il ne me mènera à RIEN. Que cette relation aberrante est condamnée à en rester là, et que jamais je n'en tirerai quoi que ce soit de plus qu'aujourd'hui. Que c'est une voie sans issue, en tout cas sans issue heureuse. Et sachant cela, je ne peux pourtant pas me résoudre à y mettre fin. J'ai tenté à plusieurs reprises, et toujours je suis revenu. Ce qui me pousse ? Je ne sais plus. Comme une force d'inertie, lancé que je suis sur cette pente, dans une fuite en avant parfois grisante et souvent dévastatrice.

Et tout cela n'est qu'une infime partie de ce qui se joue en moi…

Posté à 12:45 - Commentaires [2] - Permalien [#]

jeudi 4 décembre 2014

Tous les ans nous entrons dans l’hiver comme dans un tunnel. Ciel bas et bouché, fermé, nul horizon dans ce gris épais.

Le sommeil me pèse, là, sous les yeux. 

Engourdi le cerveau ; le cœur, lui, va par soubresauts. 

Toujours dans l’attente. Je sais qu’un jour je finirai par me lasser.

D’ici-là, laissons aller. Entrons ensemble dans ce long tunnel et sa poisseuse obscurité avant de peut-être retrouver la lumière.

Posté à 13:01 - Commentaires [3] - Permalien [#]

mardi 18 novembre 2014

 

La secrétaire de la compagnie d’assurance : « Ah, ce n’est pas pour votre voiture, mais pour celle de monsieur ? »

La factrice : « Oh, ça faisait longtemps que je ne vous avais pas vu, ces derniers temps c’est surtout monsieur qui m’ouvre la porte ! ».

J’en ris toujours beaucoup avec monsieur, mais je me demande à chaque fois comment je dois le prendre. Bah, bien je suppose, tant qu’elles ne m’appellent pas madame.

Posté à 02:28 - Commentaires [0] - Permalien [#]

lundi 17 novembre 2014

Flashback, 3 novembre

À chacun son chemin, chacun ses déchirures,
Mais je les ressens comme toi.

Assis dans la pénombre striée d’éclairs de lumière blanche, je m’appuie contre le dossier de mon siège pour être légèrement en retrait et cacher les larmes qui affluent soudain sur ce refrain que je connais pourtant par cœur et qui ce soir, parmi la foule qui peuple l’Olympia, s’adresse directement à moi et me touche en plein cœur.

 

Posté à 12:14 - Commentaires [0] - Permalien [#]

jeudi 13 novembre 2014

Tête levée vers le ciel, je guette Orion qui commence à pointer en milieu de nuit par-dessus les toits, annonçant l’hiver. Perchées juste derrière moi les unes contre les autres, les poules semblent râler comme si j’avais troublé leur sommeil. Je dirige brièvement la lampe dans leur direction, pointée vers le bas pour ne pas les éblouir, et souris de les voir ainsi, semblables à trois vieilles dames enveloppées dans de gros manteaux sur le banc d’un jardin public, pestant entre elles après des jeunes un peu bruyants.

De retour dans mon bureau, je profite de le trouver en ligne après deux jours de (presque) silence et un e-mail de sa part (I miss you ;-() pour tenter de poser clairement les bases de notre houleuse relation à distance. Nous finissons par convenir d’un accord qui devrait nous satisfaire tous les deux et nous nous quittons sur un rendez-vous pour le lendemain après-midi. I don’t want money from you. Yea, for you it will be free

Rendez-vous qui ne se fera finalement que dans la nuit mais qui me laissera pantelant de bonheur et d’excitation. Oui. Vraiment.

Ce matin au réveil, cette question étonnée : mais que fais-tu la nuit si tard dans ton bureau, à quelle heure es-tu venu te coucher ? Il va falloir redéfinir un modus operandi et affiner notre accord, mais nos emplois du temps sont difficilement compatibles. Quant à cette vie-ci, celle qui se joue hors-ligne entre le bureau et les autres pièces de la maison et sur laquelle le quotidien reprend chaque fois ses droits, il va falloir lui consacrer un peu plus de présence et d’énergie. 

 

 

 

 

Posté à 17:17 - Commentaires [0] - Permalien [#]

dimanche 9 novembre 2014

26 septembre, 09 novembre

Un mois et demi et un désastre sans nom.

Mais que s’est-il passé, bon Dieu !?

Qui que vous soyez, où que vous soyez, donnez-moi enfin la force dont j’ai tant besoin.

 

Posté à 16:44 - Commentaires [2] - Permalien [#]

mardi 4 novembre 2014

Le lourd sac de cuir en bandoulière, j’attends que le train redémarre pour traverser la voie de la petite gare sous un bas soleil d’automne. Une fois la dernière voiture passée, je les vois qui m’attendent sur le quai opposé, ma mère me montrant du doigt à mes neveux à peine intimidés.

À peine sommes-nous arrivés à la maison que me parvient son message sur mon téléphone. I apologise for last night.

Les jours suivants seront ainsi ponctués de messages et surtout de photos plus bandantes les unes que les autres.

Tandis que mon filleul se blottit contre moi plusieurs fois par jour, que ma mère écrase probablement une larme devant mon mutisme borné, que nous marchons au soleil, que nous roulons à n’en plus finir sur des routes sinueuses, que je suis là sans y être.

À mon retour, je mesure l’ampleur du désastre que je suis en train de semer autour de moi, imbuvable et désemparé, quand l’homme qui partage ma vie se tait soudainement, rendu muet par ma sourde violence. La fatigue et le stress de la conduite de nuit sous une pluie battante et sur des routes en travaux n’excuseront pas tout.

Alors que je vide machinalement le lave-vaisselle un peu plus tard, je cherche, pas longtemps, puis je la vois, je la formule, je me l’assène, cette accusation. Ce constat, le seul possible : finalement, ce champ de ruines qui m’entoure, il est bien dû à cela : mon égoïsme.

Posté à 18:14 - Commentaires [0] - Permalien [#]

mercredi 29 octobre 2014

C’est donc le cœur broyé que je vais prendre le train demain matin.

Je vois venir le jour où je vais m’effondrer tout à coup comme une pauvre loque, tant j’aurai encaissé sans broncher. Si contrecoup il y a, il risque d’être terrible.

Posté à 01:30 - Commentaires [0] - Permalien [#]

lundi 27 octobre 2014

5 jours, 40 ans, 1 mois

 

I will never forget my 40th birthday.

Je pars mercredi matin, loin de tout, et j’appréhende terriblement ces cinq longues journées en famille. Pour de forcément mauvaises raisons. Pas seulement en raison de l’isolement, pas seulement en raison de la présence de la mère, des neveux et des autres, pas seulement en raison de cette campagne vite ennuyeuse.

Aujourd’hui j’ai eu 40 ans, et aujourd’hui j’ai toujours l’impression d’en avoir quinze. Pour de forcément mauvaises raisons.

Un mois tout rond aujourd’hui, et une dernière semaine qui vient tout bouleverser - à nouveau. Pour de forcément mauvaises raisons.

Mais je retrouve l’appétit et le sourire me vient parfois, léger.

On verra. Comme toujours.

Posté à 00:59 - Commentaires [0] - Permalien [#]

samedi 25 octobre 2014

Arriverai-je un jour à parler au lieu d’écrire, à dire au lieu de taire, à provoquer au lieu d’espérer, à faire au lieu d’attendre, à vivre au lieu de rêver ?

Posté à 02:22 - Commentaires [0] - Permalien [#]

lundi 20 octobre 2014

Favoris/Perso/Webcam de *******

Oui.

Se forcer à le regarder malgré la boule au ventre. Le regarder en train de faire sa pute et de presque supplier les dizaines de mateurs présents sur sa cam de lui demander un show privé.

Il m’écrivait il y a une heure à peine à quel point il était confus. À voir sa trique, ses regards de braise et ses sourires aguicheurs, il n’a pas vraiment l’air confus.

Le regarder, tenir le coup, surtout sans intervenir, pour se persuader à quel point il se fout de toi comme de sa première chemise. Espérer que personne ne le demande en privé et qu’il reste là avec sa queue qu’il rangera sagement pour la nuit.

Essayer de le détester pour ne plus l’aimer.

UNUTMA.

 

Posté à 00:54 - Commentaires [0] - Permalien [#]

dimanche 19 octobre 2014

Une plaine dévastée, sans cesse battue par des vents contraires. Plus rien ne pousse là, tant les tempêtes, les sécheresses et les déluges y sont violents, chacun à son tour. La vie s’est réfugiée sous la terre où grouillent désormais des peuples d’insectes affamés que plus rien ne peut repaître. Invisibles à quiconque passerait par là, ils accomplissent pourtant leur travail de sape sans relâche, minant le sol déjà fragile de cette terre brûlée.

Qu’une éclaircie arrive, elle sera bientôt contrariée par une bourrasque inattendue et dévastatrice. Qu’un orage salutaire vienne laver le ciel et la terre, il sera suivi aussitôt de siècles d’une de ces canicules silencieuses qui fait taire la vie.

Quelque six pieds sous terre, la vermine poursuit son œuvre inlassablement, sans un bruit si ce n’est celui d’une longue plainte sourde qui semble se confondre parfois avec celui du vent.

Posté à 17:29 - Commentaires [0] - Permalien [#]

jeudi 16 octobre 2014

Quarante ans, dans dix jours.

Il y a dix ans, j’écrivais ici ou ailleurs, sur un de ces journaux sans cesse effacés et recommencés, que l’année de mes trente ans allait peut-être s’avérer décisive, que bien des choses allaient changer. Belle tentative d’auto-persuasion ! 

Je sais désormais, avec certitude. Ma faiblesse, mes constants atermoiements, ma propension à ne regarder finalement qu’en arrière ; même lorsque mon regard semble tourné vers l’avant, ce sont les bribes de mon passé que je guette, les miettes de ma candeur adolescente que je cherche, les restes de mon enthousiasme d’autrefois, écrasés, enfouis, abîmés et salis.

Oh, bien sûr, je ris encore parfois. Je frémis quelquefois sous un vent passager, je saisis une image, je capture un instant ou je fixe un regard, toujours en silence.
Bien sûr.
Mais défait de tout ce qui me faisait autrefois léger, et lourd désormais de cette indicible et sourde angoisse qui grouille au plus profond de moi, tapie et aux aguets, prête à me dévorer.

Je crois que j’ai peur.

Peur de devenir encore plus celui que je suis déjà. De m’effondrer encore et toujours, me replier, me recroqueviller. Me laisser abattre.

Oui, c’est ça, j’ai un peu peur de moi.

Posté à 14:18 - Commentaires [2] - Permalien [#]

mardi 14 octobre 2014

Pour la première fois depuis longtemps, ce soir le ciel était découvert lorsque je suis sorti dans la cour après le repas. À dire vrai, je l’avais de toute façon quelque peu délaissé ces deux dernières semaines tant mes pensées étaient tournées vers autre chose.

Tout à l’heure, la chienne à mes côtés, j’ai machinalement levé les yeux et je me suis étonné de voir autant d’étoiles. La traînée diaphane de la Voie Lactée presque au zénith, le carré de Pégase, Andromède et Persée étonnament riches de nombreuses étoiles dans ce ciel pourtant teinté des lumières baveuses de ma petite ville.

« Tu vas bien, AnNa ? »

Elle ne bougeait pas, semblant m’attendre sagement pour rentrer à la maison.

« Parce que moi, tu vois, ça va pas du tout. »

Je me suis alors tourné vers la portion déclinante du ciel d’été pour un dernier regard vers le majestueux Cygne, planté comme une immense croix encore fort lumineuse dans la blancheur du halo citadin. Puis, emboîtant le pas à la chienne, j’ai longé la maison dans l’obscurité, guidé par la faible lumière provenant de la cuisine.

Il était temps que je rentre à la maison, à la raison, et que je retourne enfin un peu vers celui qui partage mon lit depuis quinze ans.

 

Posté à 00:57 - Commentaires [0] - Permalien [#]